Obersalzberg

L'histoire d'une montagne

L'Atelier de L'architecte Speer

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Juste en face de l’entrée Gutshof, en face de la maison et de l’atelier d’Albert Speer.
La maison est toujours habitée aujourd'hui.
L'atelier  de  l'architecte en chef  Albert  Speer (1905-1981),  sévèrement endommagé  pendant  le  bombardement,  fut  reconstruit après  la  guerre  dans  son  style original.
L'atelier ainsi que la maison sont situés au-dessus de l'ancien Gutshof.
Albert Speer vivait dans l'Ostertal et son petit atelier qui était juste assez grand pour abriter quelques tables à dessin et quelques employés.
Quand Albert Speer a parlé de ses conditions de vie à Adolf Hitler, Hitler a immédiatement ordonné à Bormann de prendre soin de Speer.

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Il fut ordonné à Albert Speer de vivre sur l’Obersalzberg, la maison Bechstein était à nouveau vide.
Alors qu'il vivait dans la maison Bechstein, Albert Speer a conçu une maison pour sa famille et un atelier pour son personnel.
En 1937, la maison et l'atelier sont terminés.

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 Dans son nouvel atelier, Hitler et Speer ont eu de longues conversations sur la disposition du "nouveau Berlin", "Germania" ou d'autres plans de construction majestueux.

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Albert Speer, à l'âge de 30 ans, déjà architecte en chef du Reich, et organisateur en chef de l'armement, était le plus jeune ministre d'Hitler. 

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Un architecte et artiste extrêmement doué, ses projets et les plans furent réalisés par Hitler, comme par exemple le bâtiment gigantesque de la Chancellerie du Reich à Berlin.

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Cet homme fut emprisonné pour vingt ans à Spandau. 
Il  fut  relâché  à l'âge  de  61  ans,  et  ses  mémoires  devinrent  un  des  plus  grands succès  de  l'après - guerre.

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 Albert Speer est décédé en Angleterre en 1981.

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Bunkers

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En 1943, la guerre aérienne s'intensifie au-dessus de l'Allemagne.
Malgré la propagande du Dr. Goebbels promettant une victoire certaine, il fallait envisager la chute du 3ème Reich comme possible.

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Les villes allemandes étaient l'objet de constantes attaques et bombardements des Forces Aériennes américaines et britanniques.
Le nombre des sans-abris augmenta et la misère s'abattit sur l'Allemagne.
A partir de ce moment, l'Obersalzberg fut aussi en danger.

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Le pouvoir national-socialiste prit la fuite dans les montagnes.
Le règne sur la montagne devait devenir le règne dans la montagne.
Pour des raisons de propagande, on évitait de parler de "protection antiaérienne" à l'Obersalzberg.

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D'un seul coup, au mois d'aout de cette même année, tout le monde se mit à parler "d'abris souterrains" et de la "sécurité du Führer".
Dans des conditions top-secrètes et en toute hâte, on conçût alors des plans pour un gigantesque système de bunkers (casemates) sous le terrain de l'Obersalzberg. 
Sous la direction d'ingénieurs allemands, des ouvriers italiens et tchèques commencèrent la construction d'un abri anti-aérien.

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Les simples plans pour un abri anti-aérien révélèrent bientôt une véritable forteresse souterraine dotée de tout le savoir-faire technique possible à cette époque.
Construits en béton et en briques, les bunkers étaient à l'épreuve des gaz et étaient protégés par des nids de mitrailleuses.

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Outre les équipements de première nécessité, on avait prévu toute sorte d'installations de luxe.
Tout s'y trouvait comme dans un hôtel de première classe : chambres, bains, tapis, lustres, canapés et fauteuils, d'énormes quantités de vin, d'eau de vie, de chocolat ...

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Un système de haute technicité contrôlait les canalisations, la ventilation, le chauffage et l'électricité.
Construits en béton et en briques, les bunkers étaient à l'épreuve des gaz et étaient protégés par des nids de mitrailleuses.
Ainsi, dès le début des travaux, il fallait 8 semaines pour réaliser 130m de galeries avec ses annexes et cela de premier mélange de béton jusqu'aux parquets cirés, sans oublier le mobilier.

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Au total, 2800 m de tunnels reliaient environ 80 pièces pour 4120m².
Les unes renfermaient un équipement fonctionnel, les autres étaient meublées luxueusement.

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Les bunkers se composaient de pièces doublées de bois, renfermant de beaux tapis et de beaux meubles, tableaux, des salles de bain et des cuisines et étaient réservées à l'usage personnel d'Hitler, de Bormann et de Göring et se trouvaient sous leurs maisons.

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Les autres parties du bunker servaient de salles de travail, salles de machines, entrepôts et quartiers pour du personnel.
Il y avait même une pièce pour les bergers allemands d'Hitler, avec une entrée séparée.
De lourdes portes de fer et des ouvertures pour les mitrailleuses furent installées pour repousser les premières attaques.
Des vêtements, de la nourriture et d'importants documents étaient conservés dans les bunkers personnels d'Hitler, de Bormann et de Göring.

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On avait également prévu de relier la maison de Göring dans ce système, mais celui-ci avait déjà été prudent en 1941 et s'était fait construire un petit abri avec des murs en béton armé de 3m d'épaisseur.
Mais au moment de relier le bunker de Göring au reste de l'installation, Bormann refusa, sous prétexte de ne pas vouloir communiquer, de continuer les travaux alors qu'il ne restait qu'une dizaine de mètre à creuser.
Dans l'abri de Bormann, il y avait tant de choses que sa famille et lui-même auraient pu se nourrir et s'habiller, d'après les estimations d'un expert, pendant 200 ans.

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Ce qui n'avait pas pu être entreposé dans les sections secrètes des bunkers fut pillé ou tomba aux mains des troupes d'occupation à la fin de la guerre.
Grâce à ces casemates il n'y eut guère de (blessés) ou de morts lors du bombardement d'avril 1945.
Sur les 3500 personnes qui subirent l'assaut, il n'y eut que 6 morts et blessés.

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Abris du Berghof : 
Appartement du Führer - Locaux de service - Salles des machines - Installations de télécommunication : 614m, 19 pièces, 745 m²

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Abris de Bormann
Privé Appartement et locaux de service : 272m, 6 pièces, 275 m²

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Abris de Göring
Privé Locaux de service - Bureaux des officiers d'ordonnance : 408m, 10 pièces, 400 m²

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Abris SS
Logements et stockage : 360m, 10 pièces, 520 m²

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Abris du Platterhof
Logement réservé aux hôtes, aux personnes des baraquements et au personnel Stockage : 475m, 13 pièces, 745 m²

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Hors complexe

Abris du Hinterheck :  1116 m – 14 pièces

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 Poste de commande de la DCA : 

Centre d'exploitation de la DCA - Abris réservés aux civils : 421m, 13 pièces, 615 m²
Abris de la Klaushöhe
Logement pour les habitants de la Klaushöhe : 800m, 10 pièces, 700 m²
Abris de Antenberg
Logement pour les personnes du camp 314m, 6 pièces, 120 m²

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Bunkers

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Description des bunkers par "Josef Geiss".

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Voici une description des bunkers figurant dans le livre de Josef Geiss, intitulé : "Obersalzberq".
"Un couloir ou un escalier descendait en ligne droite sous terre jusqu'à ce qu'un recouvrement suffisant de 30 à 50 cm environ soit atteint.
Il y avait ensuite un système destiné à arrêter les déplacements d'air occasionnés par les explosions des bombes.
A cet endroit se trouvaient également des réduits prévus pour le montage des mitrailleuses.
Puis on débouchait sur les sas destinés à empêcher la pénétration des gaz.

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De là partaient des couloirs sur lesquels aboutissaient, des deux côtés, les abris.
Sous la plus grande partie des couloirs, il y avait encore une galerie renfermant les installations techniques telles que les conduits d'aération, les conduites d'eau, de câbles, de drainage et de chauffage à air chaud.
Le rocher était en partie solide et de bonne qualité.
Mais il s'avéra justement que les abris d'Hitler se trouvaient dans des couches rocailleuses très friables et traversées par des veines d'argile.
Si bien qu'il fallait consolider avec de robustes étais chaque tronçon ouvert.

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Le soutènement disparaissait à nouveau lors des opérations de bétonnage.
Le revêtement des abris était conçu de manière particulièrement minutieuse.
On appliquait contre la paroi rocheuse une coque de béton de 30 à 60 cm d'épaisseur sur laquelle on apposait un enduit en ciment qui supportait à son tour une couche isolante selon un procédé nouveau à base d'une sorte de carton bitumé ou de bandes de caoutchouc synthétique.
Devant cette couche, on élevait encore un mur de 25 cm d'épaisseur.
Des pierres poreuses étaient incorporées à la couche de béton afin d'évacuer les eaux d'infiltration qui étaient dirigées vers la canalisation et rejetées ainsi à l'extérieur.

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Les entrées étaient pourvues d'épaisses portes en fer.
Göring était le seul de l'Obersalzberg à s'être fait construire avant son propre complexe d'abris souterrains sous sa maison.
Les premiers systèmes d'abris furent destinés Hitler, Eva Braun, les officiers d'ordonnance et les invités.
Un deuxième labyrinthe fur mis à la disposition de Bormann et de sa famille.
Les explications qui suivent donnent une idée de l'importance des réalisations effectuées.
On entreprit donc en premier lieu de construire les abris du Berghof qui devaient être achevés pour le 24 décembre 1943, date à laquelle Hitler avait l'intention de venir.
Le début des travaux traîne en longueur en raison de la mauvaise qualité de terrain si bien qu'il ne resta plus en fin de compte que huit semaines à peine".

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Voici un nouveau passage tiré du livre de Josef Geiss qui, pendant la guerre, avait un engagement de service auprès de l'administration des "Vereinigten Baufirrnen".
En raison de son poste, il avait une idée exacte de ce qui se passait à l'Obersalzberg.
"On s'attaqua d'abord à l'abri du Berghof.
Une certaine partie devait être terminée pour le 24. 12. 1943.
On comptait sur la visite d'Hitler.

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Le début des travaux trainait en longueur en raison du sol friable.
Tous les moyens d'action 'disponibles furent utilisés.
Les délais furent tenus au terme d'une hâte sans pareille.
Il y avait tous les mètres un maçon occupé au cintrage des voûtes.
Entre ses jambes, un manœuvre se déplaçait à quatre pattes et apportait briques et mortier.
Sur cette surface extrêmement réduite, travaillaient en outre des menuisiers, des spécialistes de l'isolement, des électriciens, des poseurs de téléphone et des installateurs.

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C'est ainsi qu'on acheva en 8 semaines quelques 130 m de galeries souterraines avec les abris adjacents, depuis les premiers mélanges de béton jusqu'aux parquets vitrifiés, sans oublier les boiseries et le mobilier.
A l'origine, on avait prévu de construire des abris très simples.
C'est alors que chacun se mit à émettre des souhaits particuliers.
Le service de sécurité réclama la mise en place de mitrailleuses.
Pour des raisons d'esthétique, les architectes ne purent se passer de marbre, de lambris en bois précieux, d'installations de climatisation, de tapis, de cabinets de toilette, etc ...

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Bormann voulut que le quartier général soit installé encore plus profondément sous terre.
Göring exigea que son abri personnel soit relié à l'ensemble du système.
Lorsqu'il en fut vraiment question, Bormann refusa de faire communiquer son abri avec celui du Maréchal du Reich.
Il resta donc 10 m entre les deux abris qui ne furent jamais percés.
Puis le système d'aération prévu devint insuffisant.
Cela signifia des transformations et de nouveaux travaux d'excavation.

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Lorsque le tout fut achevé, il se trouva quelqu'un pour dire qu'il manquait une chambre.
On se remit donc à creuser.
Puis arrivèrent les concierges des différentes maisons.
Ils avaient besoin de débarras.
Celui qui s'occupait du chien loup d'Hitler réclama une pièce spéciale.

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Les experts se posèrent de nombreuses questions à ce sujet, à savoir si les poils de chien retenaient les gaz, si l'on devait installer un circuit spécial d'aération et si les filtres simples suffisaient.
Les experts du téléphone ne s'en sortaient plus avec le diamètre des câbles.
On se remit donc à creuser.
Eva Braun ne voulut pas se passer d'une salle de bains.
Puis les cuisiniers arrivèrent.

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 Aussi aménagea-t-on partout des cuisines complètes et des installations de cuisine.
Il fallut construire des pièces spéciales pour les tableaux, les disques et les bibliothèques.
Une salle à manger fut mise à la disposition de Bormann.
Finalement, peu avant la fin des travaux, le poste de commande de la DCA réclama un abri particulier.
Il fallut en outre installer un groupe électrogène de secours qui bien sûr tomba en panne lors de l'attaque aérienne.
A cela s'ajoutaient les abris de la Buchenhöhe et le très grand abri du Gutshof qui ne furent jamais achevés.
Bormann ne se contenta pas des abris qui lui étaient attribués, car G6ring lui non plus n'était pas modeste.

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Il réquisitionna pour lui une série de pièces du poste de commande de la DCA dans lesquelles il installa des rangées d'armoires remplies de chandeliers et de vaisselle d'argent, de bijoux, de montagnes de tissu dont les 36 costumes célèbres, faits sur mesure, et les uniformes, de denrées alimentaires comprenant entre autre, du sucre, de la graisse, de la farine, des conserves ainsi que des articles textiles, du linge, etc ...
Voici quelques données concernant l'installation intérieure.
Les parquets étaient recouverts de lourds tapis, les murs étaient ornés de lambris magnifiques, les portes et les encadrements étaient laqués.

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Dans les cuisines, il y avait des cuisinières mixtes, les salles d'eau et de bains renfermaient de très belles installations.
L'installation téléphonique avec ses 800 branchements suffisait à peine.
Les bureaux étaient équipés de meubles en bois massif, d'imposantes tables de travail, de classeurs à rideaux, de fauteuils de cuir capitonnés etc ...
On n'avait pas oublié les armoires métalliques qui étaient encastrées dans le rocher.
Les chambres à coucher, les chambres des enfants ressemblaient aux pièces des maisons d'habitation.
Les salons et ouvriers et le commun des mortels de l'Obersalzberg devaient se contenter en tout et pour tout d'une surface de 385 m 2.

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Plus de 1000 personnes se précipitèrent dans les abris à moitié terminés.

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La défense Antiaérienne

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Borman s'assura qu'aucun indésirable ne puisse envahir la montagne "sacrée".
La tâche la plus importante consistait en la défense antiaérienne.
Cette mission nécessitait une connaissance parfaite de la zone à protéger.
Au départ, il s'agit de la mise en place d'un canon antiaérien de 3,7 cm un peu au-delà de la maison Kehlstein.
La décision de protéger Obersalzberg et Berchtesgaden par un réseau de défense antiaérienne fut prise déjà en août 1943.
Pour protéger l'Obersalzberg, il a été établi de nombreuses positions d'artillerie aérienne et en fin 1943 complété par des stations de camouflage par brouillard artificiel autour des montagnes de Berchtesgaden.

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Les garnisons des positions de l'artillerie aérienne furent hébergées dans des baraques.
Une station météorologique et une station de diversion aérienne s'y trouvaient aussi.
La plus grande position d'artillerie aérienne était celle du Rossfeld avec 200 hommes.
Les positions normales à Weinfeld, Kneifelspitze, Hausknechtlehen, Silberg, Oislerlehen,Grünstein, Kohlhiasl, Wahllehen, Antenberg, Hinterbrand et Zinken avaient des garnisons de 50 hommes au maximum.

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Sur la position à Weinfeld, il y avait des canons de 2, 3, 7 et 8,8 cm.
Contrairement à tout ce qui a été écrit jusqu'ici, les tonneaux fumigènes pour le camouflage par brouillard artificiel n'étaient pas vides.
Il y avait 3 batteries de 270 tonneaux à disposition.
La zone de déploiement comprit Berchtesgaden, Obersalzberg, Kônigssee et Reichenhall.

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Afin de pouvoir donner l'alarme immédiatement aux opérateurs des appareils fumigènes et aux canonniers, il fallut créer un poste de commande relié également à tous les postes d'alerte aérienne de la région.
 A cet effet l'on installa à Obersalzberg la "centrale d'alerte aérienne du Führer" à environ 25 m sous la roche.
Munis des plus nouveaux appareils, elle fut considérée comme la centrale la plus moderne de l'époque.

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Elle fut reliée à tous les postes de canons et d'appareils fumigènes.
La nécessité d'une installation de défense antiaérienne d'Obersalzberg et du Nid d'Aigle ne fut en rien exagérée.
Une description datée du 5 octobre 1944 établie par l'armée de l'air des alliés le prouve.
Elle ne mentionne pas seulement Haus Wachenfeld, c'est à dire le Berghof, mais aussi "The Eagle's Nest", la désignation américaine de la maison Kehlstein.
Cependant l'attaque du 25 avril 1945 arriva si vite que le camouflage n'aurait pu être effectué que partiellement.
Ainsi le commandant de l'époque à l'Obersalzberg décida de ne pas le réaliser, ce qui a été profitable pour le village de Berchtesgaden.
Seul, l'Obersalzberg fut bombardé avec exactitude et le village fut épargné.

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1. Rossfeld : 18 C.A. de 8,8 cm, 2 appareils de radiorepérage, corps du service de défense antiaérienne.
2. Schönau : 4 C.A. de 10,5 cm, corps de batterie fumigène
3. Berchtesgadener Ache : 4 C.A. de 10,5 cm, corps de batterie fumigène.
4. Oberau : 4 C.A. de 8,8 cm, 4 C.A. de 3,7 cm, corps de batterie fumigène.
5. Kneifelspitze : 4 C.A. de 3,7 cm.
6. Sillberg : 4 C.A. de 3,7 cm
7. Grünstein : 4 C.A. de 3,7 cm.
8. Lockstein : 4 C.A. de 3,7 cm
9. Antenberg : 4 C.A. de 3,7 cm, 2 quadruples de 2 cm
10. Kehlstein : 4 C.A. de 3,7 cm
11. Dürreck à Vorderbrand : 4 C.A. de 3,7 cm
12. Geisstallhöhe en contrebas de Rossfeld : 4 C.A. de 3,7 cm
13. Hahnenkamm au-dessus de Rossfeld : 2 C.A. de 2 cm, quadruple

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Le bombardement

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Au-dessus de 900 m, l'Obersalzberg est recouvert de neige. 
Le sixième hiver de guerre avait commencé et l'on ne se rendait plus à son travail qu'à contrecœur. 
Chaque jour, des escadrilles d'avions ennemis survolaient la montagne.
Pas un jour ne s'écoulait sans qu'il ne faille se réfugier dans les abris et que des mesures de camouflage par brouillard artificiel ne soient prises. 
La fumée s'échappait alors de grands tonneaux et recouvrait l'Obersalzberg pendant des heures.
On entendait les explosions des bombes qui tombaient sur Munich, Mühldorf et Linz. 

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Le 25 avril 1945, vint le "Dies Irae", le jour de colère sur l'Obersalzberg et l'affaire devint sérieuse. 
Supposant qu'Hitler et son entourage se trouvaient encore à l'Obersalzberg, la "Royal Airforce" bombardait l'Obersalzberg.
9.30: première alerte. 
Les ouvriers se réfugièrent dans les bunkers. 
La première vague d'assaut eut lieu 30 minutes plus tard. 

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Les 1100 bombardiers composant les deux vagues 275 R.A.F. britanniques Lancasters et Mosquitos et 98 Mustangs de la 8ème US Air Force survolèrent la montagne en larguant 1232 tonnes de bombes de gros calibre (500 kg) !
Volant très bas afin de profiter de la protection des Alpes, ils s'approchèrent de la cible qui leur avait été décrite dans une détermination d'objectif datée du 5 octobre 1944.

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Les premières bombes tombèrent sur les cités de la Buchenhëhe et de la Klaushöhe.
Tous les bâtiments importants et de nombreux bâtiments moins importants autour des objectifs subirent aussi les effets du bombardement.

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La caserne des SS a été gravement endommagée.
La partie centrale a été détruite, une autre abîmée par une attaque directe et la moitié de l'étage supérieur d'une troisième partie a sauté.
Il n'y a que la Kehlsteinhaus qui resta indemne.

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La première vague aurait sûrement été reçue à coups de canons par la défense antiaérienne d'Obersalzberg si le système d'alarme avait fonctionné à temps.
Ce n'en fut pas le cas.
Le réseau allemand d'alarme aérien avait été devenu inefficace, voire détruit.
Le camouflage par brouillard artificiel aurait nécessité une préparation de 20 minutes.

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Cette situation se vit empirer par une nouvelle offensive américaine par des bombardiers B 17 Flying Fortress et Liberator à quatre moteurs.

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Leur objectif n'était pas les canons de défense, mais Obersalzberg et principalement la Haus Wachenfeld (le Berghof, résidence d'Hitler), Hallein, Salzbourg et Bad Reichenhall.

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Les pilotes avaient du mal à cause de la neige à reconnaître les points d'impact et passèrent une deuxième fois à l'attaque.
Leur travail d'anéantissement se fit cette fois-ci de manière plus systématique.

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Pendant une heure entière, les bombes de 500 kg labourèrent l'Obersalzberg.
Les batteries de canons antiaériens s'étaient mises en position de défense et ouvrirent le feu sur les assaillants.

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Certains furent atteints, mais l'on ne put en préciser le nombre exact car les nombreux événements des jours suivants rendirent impossible toute recherche.
La plupart des canonniers avaient entre 16 et 18 ans et appartenaient au RAD (Service de Défense du Reich).
C'était un jour de printemps d'un bleu rayonnant, quand la montagne du (faux) salut se transforma en une montagne de la mort.

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Puis, ce fut le silence.
On prit conscience de l'étendue du bombardement plusieurs heures après, lorsque la fumée se fut dissipée.
Le dernier bombardement de la deuxième guerre mondiale était fini.
Grâce au système des galeries souterraines, il n'y eut que peu de morts à l'Obersalzberg.
Selon le journal local, le "Berchtesgadener Anzeiger" du 30 avril 1945, il y avait 31 victimes au total.
D'autres sources ne mentionnent que 6 victimes et quelques blessés.

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Le même jour, Bad Reichenhall était bombardée et 200 personnes périrent.
L'Obersalzberg fut très atteint.
Pourtant les explosifs destinés au Nid d'Aigle détonnèrent sans causer de dommages sur les falaises sur lesquels il fut construit.

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Il est difficile d'atteindre une cible de ce genre en haute montagne d'autant plus que les canons antiaériens très efficaces en donnèrent peu de chances à l'assaillant.
Le bombardement d'Obersalzberg, de Berchtesgaden, de Bad Reichenhall, de Salzbourg et du Nid d'Aigle du 25 avril 1945 n'eut aucune valeur militaire à ce stade tardif de la guerre.
De ce fait accordons-lui une valeur politique.

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Après le bombardement, les ruines étaient le lieu recherché par les maraudeurs.
Ensuite la montagne fut fermée et on ne pouvait pas y entrer sans une autorisation spéciale.
Après la réouverture, de véritables foules faisaient le pèlerinage à l'Obersalzberg.

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Pour prévenir toute vénération, on a ordonné le déblaiement de toutes les ruines en 1952 aux instances du gouvernement bavarois sous le ministre-président Högner.
Exception faite pour le Nid d'Aigle, l'Hôtel Türken et la ruine de l'ancienne maison des invités.

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Le kehlstein (construction)

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L'une des constructions les plus intéressantes qui fut édifiée sous Bormann est sans aucun doute le Kehlsteinhaus ou D-Haus (maison des diplomates), situé à 1834 m d'altitude, au sommet du Kehlstein.
Cet édifice est souvent appelé à tort "Teehaus" ou encore "Eagles Nest" par les Américains.

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Cela concernait également toute forteresse alpine qui en fait n'exista jamais.
Le Hoher Göll se dresse derrière la bâtisse et lui confère un caractère très montagnard.

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Bormann désirait-il par là faire un cadeau particulier à Hitler ou bien était-ce plus pour confirmer son génie à ses propres yeux ? 

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Officiellement, la bâtisse était destinée à recevoir des invités de marque.
Hitler ne se rendit que cinq fois au Kehlsteinhaus, Bormann, par contre, y était plus souvent.

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Il faut également signaler que ce bâtiment ne fut jamais utilisé à des fins militaires et qu'il n'avait pas non plus été construit pour cela.
Theodor Jacob, le Landrat de Berchtesgaden, réussit à éviter que l'on ne fasse sauter la bâtisse.
Le "Nid d'Aigle est le bâtiment, le plus impressionnant, qui coûta le plus cher de l'ère hitlérienne à Obersalzberg.

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C'est en automne 1936 Bormann choisit le sommet du Kehlstein (1834 m) comme chantier du Nid d'Aigle.
Hitler appréciait également ce sommet à cause de son excellent panorama du lac de Königssee à Salzbourg.

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Bormann, tout puissant, accomplit un travail incroyable.
Sur ordre de Martin Bormann, à l'occasion du 50ème anniversaire d'Adolf Hitler (20 avril 1939), fut achevé en un record inimaginable d'une seule année (de mai à octobre en 1937 et 1938), l'édifice gigantesque sur le sommet de l'Obersalzberg.

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La construction a demandé un savoir-faire de première qualité.
Seulement les meilleurs ingénieurs pouvaient se mettre à cette tâche prodigieuse.
Mussolini a envoyé environ 3000 ouvriers italiens et travaillèrent en équipes jours et nuits.
Bormann était intéressé à ce que le projet fût terminé le plus vite possible.

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On ne tenait pas compte de la santé des ouvriers.
En 1937, une chute de montagne coûta la vie à 5 personnes.
L'éclairage par projecteurs (à essence) rendit possibles les travaux pendant les heures nocturnes.

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L'avancée rocheuse de la crête Mannlgrat sur le massif du Hoher Gôll n'offre, comme terrain de construction, qu'une très étroite surface rocheuse et déjà que lors de l'arpentage du lieu, on put deviner les problèmes que poserait celui-ci aux ingénieurs.
Afin de gagner suffisamment de place pour la maison dans sa largeur, il a fallu bâtir les mur extérieurs presque aux limites de l'étroit plateau.
Les murs extérieurs nord et sud reposèrent sur une base escarpée à 45 degrés et qui, à sept mètres en contrebas, tombe à pic dans un vide vertigineux.

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Les ouvriers durent, de ce fait, se protéger par un échafaudage de sûreté.
Une des premières étapes fut la construction de la télébenne pour faire monter les matériaux de l'Obersalzberg jusqu'au sommet du Kehlstein.
Après l'achèvement de la maison il fut complètement démonté.
Sa construction ne fut possible que grâce aux nombreux porteurs qui l'assemblèrent sur place.
Tous les matériaux de construction et l'outillage y furent montés par la benne qui, en redescendant, évacua les cailloutis de la cage d'ascenseur.
La benne mesurait 2 m de long et 1,3 m de large avec une profondeur de 25 cm.
Avant même de pouvoir poser les fondations du bâtiment il fallut tout d'abord niveler la crête pointue.

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Cela accompli, l'on démarra la construction des murs en briques.
L'entreprise Philipp Holzmann AG employa ses tailleurs de pierre à revêtir les murs de brique par de la pierre de granite naturelle provenant de la région de Passau.

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Chaque pierre fut taillée dans la vallée d'après les données précises de la planche à dessins.
Elles furent ensuite transportées au sommet par la télébenne où un palan en facilita le déchargement.

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Les murs du Nid d'Aigle sont donc doubles.
A l'intérieur, de la brique, à l'extérieur, du granite massif.

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124 mètres exactement sous la maison il y a un tunnel de 124 mètres qui mène du grand parking à l'ascenseur.
La construction du puits de l'ascenseur dura 3 mois.
La galerie est fermée par d'énormes portes en bronze. 
Ici encore, le génie dépensier de Bormann fleurit en matière de décoration.
On utilisa des poignées de portes en bronze massif.
Seule décoration consistant en deux poignées en forme de lion, sculptées par le Prof. Arno Breker.
Ces lions d'une hauteur de presque 75 cm disparurent dans les premiers jours après la fin de la guerre et se trouvent à présent dans une collection privée américaine.

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Le tunnel (travaux difficiles dirigés par l'entreprise des frères Reck du Tyrol du sud, des spécialistes renommés dans la construction minière) revêtu de marbre d'Untersberg mène dans un hall rond d'où une cabine d'ascenseur couverte de cuivre avec des sièges en cuir vert transporte en 45 secondes, les visiteurs dans le hall du Nid d'Aigle.
Des miroirs vénitiens et des fauteuils de cuir vert donnaient une impression de sobriété à l'ensemble.

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Le but de cet arrangement sobre était de calmer Hitler qui souffrait de claustrophobie.
L'ascenseur de deux étages (la partie inférieure n'était utilisée que comme monte-charge) fut construit par la firme allemande Flohr achetée par la firme américaine Otis, New York, après la guerre.
C'est le même ascenseur, pouvant accueillir 46 personnes, qui est utilisé encore aujourd'hui.
On a seulement démonté la partie inférieure.
Presque silencieux et de fonctionnement sûr, il se meut grâce à un moteur situé dans le grenier du bâtiment.

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Les craintes d'Hitler se rapportaient à l'emplacement du treuil de câble dans une cage dépassant la hauteur du toit de la maison.
Un éclair pût facilement l'atteindre pensait-il.
On dit qu'Hitler évita le Nid d'Aigle à cause du danger que présentaient les éclairs, ainsi qu'à cause .de son propre vertige.
L'on procéda donc, bien sûr, à une protection adéquate de la maison Kehlstein en y installant des paratonnerres fiables.
La technique pour le Kehlsteinhaus est considérable.

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A environ 40m à droite de l'accès au tunnel se trouve une petite porte en bronze, derrière laquelle s'ouvre une cave abritant un groupe électrogène d'appoint.
Grâce a ce tunnel et à la cage d'ascenseur l'on put approvisionner la maison en eau et en électricité directement par  le sous-sol.
L'eau provenait de Scharitzkehl à 700 m en contrebas.
De l'eau de source y est recueillie et pompée jusqu'au sommet par un conduit haute pression.
Le système de pompage d'eau est contrôlé par des instruments des plus modernes installés dans la cave où se trouve le groupe électrogène.
Dans cette salle des machines se trouve un générateur de secours, entraîné par un moteur diesel de sous-marin de 8 cylindres MAN produisant 300 chevaux à 600 t / m, installé en 1940.
Il remplaça une génératrice moins puissante dans l'éventualité d'une panne de courant.

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Il est encore utilisé aujourd'hui pour fournir de l'électricité au Nid d'Aigle en cas de panne.
A côté du tunnel, en retrait, se trouvent les câbles et les tuyaux de chauffage.

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La construction tout comme l'intérieur des pièces sont adaptés l'environnement.
Les murs sont en pierre naturelle taillée en demi-cercle et le plafond en bois adoucit l'atmosphère de la pièce.
Les fenêtres frontales ouvrent sur un panorama magnifique sur les monts et les vallées.

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La maison ressemblant, de loin, à un nid d'aigle, avait tout ce qu'il fallait.
Par l'ascenseur, on accède à un large foyer qui par un couloir conduit aux autres salles du Nid d'Aigle, laissant au fond la cuisine et sa large terrasse.
A droite, les arches offrent une vue splendide sur le "Hoher Göll", 2522 m.

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Cinq fenêtres de verre adoucissent la froideur de la pierre et transforment la pièce en un jardin d'hiver.

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De là un escalier mène vers la "Scharitzkehlstube" ou "salle Eva Braun".

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Les murs et les plafonds sont recouverts de panneaux de sapin et décorés de manière typiquement bavaroise.

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Un escalier de pierre conduit à la salle de conférence (salle de réception).

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Une salle à manger, une salle de séjour avec une cheminée en marbre rouge d'Italie (cadeau de Mussolini pour les cinquante ans d'Hitler), et des tapis précieux, un bureau, une cuisine, un poste de garde, des installations sanitaires.

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A droite de la cheminée un large escalier mène à la salle à manger.

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Il n'y avait pas des chambres à coucher.

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Seul, un cuisinier et deux sentinelles travaillaient par équipes.
S'il fallait plus de personnel, on les y apportait.
Les objets décoratifs de valeur furent confisqués pendant l'occupation.

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Le bâtiment a été conçu très solidement.

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La première visite d'Hitler au Nid d'Aigle achevé le 16 septembre 1938 se fit en compagnie de Ward Priee, de Goebbels et d'Himmler.
Hitler ne se serait rendu officiellement au Nid d'Aigle que 13 fois et n'y passa que quelques heures pour savourer le soleil alpin, toutefois en modération.
Un accident de guerre eut pour conséquence chez lui une hypersensibilité à la lumière.
De plus, la vue depuis la colonnade vers l'abîme lui donnait le vertige et de la nausée.

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Par contre, Eva Braun, elle, aimait bien le panorama du Kehlstein.
Elle prenait plaisir à s'asseoir sur la terrasse derrière la maison Kehlstein pour y apprécier le soleil, l'air pur et la vue.
Il est toutefois de petite dimension.
En raison de sa situation de haute montagne, le Kehlsteinhaus n'est accessible et déneigé qu'au cours des mois d'été.

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Après la destruction

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03 Mai 1945 et l'occupation des alliés

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Pensant trouver des officiels du gouvernement et des troupes "SS" de combat sur l'Obersalzberg, les divisions américaines et françaises furent envoyées pour pendre Berchtesgaden et la supposée "forteresse des Alpes".
Après le bombardement de l'Obersalzberg le 25 avril 1945, les troupes américaines approchèrent de la frontière de l'arrondissement, même Bernhard Stredele (1911-1981), dirigeant du NSDAP de l'arrondissement, qui jusque-là avait poussé la résistance avec une résolution fanatique, remarqua que la situation était vouée à l'échec.

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Depuis longtemps déjà, le commandant SS de l'Obersalzberg était opposé à Hitler et tint donc la promesse qu'il avait au Landrat.
Le 3 mai 1945, il remit toutes ses attributions au sous-préfet.
Quelques jours auparavant, les offices nazis avaient commencé à brûler tous les documents.

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Le matin du 4 mai 1945 des troupes américaines traversèrent la frontière de l'arrondissement et prirent la ville de Bad Reichenhall.
Simultanément le sous-préfet dissolu le Volkssturm (armée locale allemande pendant la deuxième partie de la 2e Guerre Mondiale formée de garçons et d'hommes inaptes au service militaire normal) et publia un tract exhortant la population à hisser des drapeaux blancs et à rester calme et prudente.

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Les troupes de la 101ème division aéroportée américaine, parmi lesquelles se trouvaient des résistants français parvint à occuper Berchtesgaden avant les troupes françaises.
Berchtesgaden se rendit sans résistance aux alliés.
Au moment de l'arrivée des Américains sur la place du marché, des membres SS mirent le feu à la maison d'Hitler.
L'Obersalzberg fut également pris par les troupes françaises de la 2ème DB du Général LECLERC.
Mais les Français, parvinrent les premiers au sommet du Kehlstein.

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Le 5 mai, le maire Sandrock et le gouverneur Jakob remirent officiellement le village aux mains des américains et la région devint une partie de la Zone Américaine.
Le Premier Ministre Högner se rendit sur l'Obersalzberg accompagné d'une délégation, afin de détruire tous les bâtiments utilisés par le NSDAP.
Grâce à l'influence et à l'intervention de conseillers avisés, le Nid d'Aigle fut laissé intact.
Avec l'entrée des troupes américaines, l'autorité et les pouvoirs de l'administration furent remis à la puissance d'occupation.

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Ils étaient exercés par un gouvernement militaire.
Les fonctionnaires du service prévu pour l'arrondissement arrivèrent le 12 mai 1945.
Ils prirent la place du service commandé par le capitaine John W. Bryand F.A.
Dès ce moment, Michael E. DiPietro MGO, Commanding devint le directeur du gouvernement militaire.
Immédiatement après le début de l'occupation, les sorties furent interdites, les écoles fermèrent leurs portes, les autorités étatiques et communales cessèrent leurs fonctions et le chemin de fer, les moyens de transport publics ainsi que le trafic postal furent interrompus.
Les journaux n'apparurent plus.

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Au début de l'occupation, le gouvernement militaire distribua aux offices, aux hôpitaux, aux médecins et à d'autres institutions des écriteaux interdisant l'entrée pour empêcher des violations par l'armée occupante.
Mais ils perdirent leur importance dans la mesure où les circonstances se normalisèrent.
En août 1948, le chef du gouvernement militaire ordonna d'enlever tous les panneaux.
La tâche prioritaire après l'occupation était de rétablir une administration fonctionnelle.
Les délégués du gouvernement militaire ont tout de suite cherché des personnes politiquement compétentes.
Après une courte arrestation, le sous-préfet Jacob fut intégré comme sous-préfet provisoire de Berchtesgaden.

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20 personnes de toutes les couches sociales furent nommées pour la formation de la préfecture à condition que celle-ci corresponde à l'organisation des professions y représentées.
Grâce à une entente établie de longue date entre le commandant de l'Obersalzberg et le sous-préfet Jakob, l'occupation du Berchtesgadener Land par les alliés put se faire sans actions militaires de la part des divisions allemandes.
Une rage aveugle de destruction commença alors à se répandre.
Les jours qui suivirent offrirent partout le même spectacle
Il y eut malheureusement quelques attaques contre la population civile durant les premiers jours de la victoire sur l'Allemagne hitlérienne.
Ceci fut le cas de l'ingénieur du bâtiment Grethlein, le "bon génie de l'Obersalzberg", appelé ainsi à cause de sa sollicitude envers ses employés.
Il mourut sans raison par la balle d'un soldat français ivre.
Cette tragédie en est d'autant plus grande lorsque l'on apprend à quel point Grethlein fut aimé de ses milliers d'employés étrangers.
Il en fut de même du chauffeur de camion Josef Lohr.
La région vécut quelques journées de terreur.

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Les troupes françaises et leurs unités marocaines se rendirent particulièrement impopulaires.
Elles commirent de graves délits vis-à-vis de la population civile.
Les femmes furent chassées et violées.
Il fallait loger les soldats et pour cela, les maisons devaient être évacuées.
La mise à sac des maisons, les fusillades et les meurtres furent alors à l'ordre du jour.
Un gouvernement militaire local américain assura enfin un service de police.
Au moyen d'un bulletin officiel, la population fut instruite des ordres du gouvernement militaire.
Les avis devaient être publiés en allemand et en anglais et étaient soumis à la censure.
Le premier bulletin officiel apparut le 14 mai 1945.

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Auparavant, les ordres de la puissance d'occupation étaient affichés aux murs des maisons et aux colonnes Morris.
Au cours des 10 premiers jours de l'occupation, la population ne pouvait quitter ses maisons qu'entre midi et 2 heures.
Dès le 14 mai 1945, les sorties furent interdites entre 9 heures du soir et 5 heures du matin et dès le 9 juin 1945 entre 9 heures et demie du soir et 5 heures du matin.
Le 23 mai 1945, un tribunal militaire établit des arrêts concernant la poursuite des infractions telles que la distribution défendue des lettres vers l'Autriche, la détention illégale d'armes, la violation du couvre-feu, le passage défendu de la frontière.
La dernière audience de ce tribunal eut lieu en mai 1952.
Environ 3000 affaires furent jugées.

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Outre les affaires déjà mentionnées, également les infractions à la réglementation des changes, la contrebande, les vols des biens d'occupation et les "affaires avec des Fräuleins (femmes)".
Les inculpés étaient amenés devant le juge par la police militaire américaine ou par la police allemande.
L'exécution pénale était dans les mains des Allemands.
La compétence de ce tribunal s'appliquait aux civils et aux étrangers habitant à Berchtesgaden.

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En mars 1946, à la suite d'un allégement, les habitants purent sortir jusqu'à 10 heures et demie du soir.
L'infraction à cet arrêté était punie d'une amende qui, en général à 100 Reichsmarks.
Le pouvoir appartenait jusqu'alors à la puissance d'occupation et avait été transmis à la Confédération et aux régions par le statut d'occupation du 21 septembre1949, qui entraîna aussi la fin des arrêtés.
Dès lors, le couvre-feu des restaurants fut fixé, selon les besoins du tourisme, à 1 heure du matin.
Dès le 1er septembre 1945, la libre circulation des civils fut permise de nouveau.

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La vie reprend doucement.
En 1951, la décision finale fut prise, et à quelques exceptions près toutes les ruines de l'Obersalzberg furent détruites.
Plus rien devait rappeler l'époque d'Adolf Hitler.

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Sur un mur du Berghof détruit, on distinguait une forme rappelant la "tête de la mort" imaginaire.
Sur les instances répétées du président du Conseil de la Bavière, Wilhelm Högner, la destruction par explosif se fit le 30 avril 1952 à 17.05 hrs.... à la date anniversaire de la naissance d'Hitler.

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Cette maison, dans laquelle pendant presqu'une vingtaine d'années fut fait l'historie agitant le monde entier et ses conséquences finales catastrophiques, était disparue.

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Les troupes américaines resteront sur l'Obersalzberg et particulièrement sur le Platterhof (Général Walker) jusqu'en 1995.

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Restent aujourd'hui visibles du Berghof un mur de soutènement, des restes épars de fondation, un peu d'asphalte de l'allée carrossable, un réservoir et quelques câbles électriques ou téléphoniques.

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Après avoir tout entrepris pour faire disparaître les traces de Berghof, le gouvernement allemand a changé dernièrement de politique et a autorisé la pose d'un panneau explicatif sur le site de l'ancienne villa d'Hitler.

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Les Mercedes

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En 1970 le musée de guerre canadien à Ottawa acquit une Mercedes-Benz blindée, historique, du type 770 W 150.
Depuis 1945, cette voiture a été attribuée à Hermann Göring.
On croyait qu'elle lui avait été adjugée par le grand quartier général d'Hitler.

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La 101ème division américaine réquisitionna la voiture à la fin de la guerre en Europe.
Des recherches faites en 1980 ont cependant démontré que ces indications étaient fausses et que cette voiture était une des Mercedes utilisées par Hitler lui-même pendant son époque brillante.
Selon sa plaque signalétique encore existante, elle fut fabriquée en 1940 et porte le numéro 429334.

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Ce qui fut confirmé par le document 366986 des archives Daimler-Benz.
Le 8 juillet 1940, deux jours après le retour de Hitler à Berlin après l'expédition militaire en France, la grosse voiture fut conduite jusqu'à Berlin et transmise aux mains de l'officier d'ordonnance du garage des véhicules de la chancellerie du Reich.
Quelques jours plus tard, le 19 juillet, Hitler fut filmé dans cette voiture avec le numéro de police 148697.
Hitler utilisa cette voiture encore plusieurs fois au cours des 3 années suivantes.
Vers la fin avril 1945, la 20e division blindée américaine prit part aux opérations dans le Sud de l'Allemagne.

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La division soutint les combats près de Munich et marcha sur Salzbourg.
Le 4 ou 5 mai, le caporal Joe Azara découvrit une grosse voiture, attachée par des cordes en acier sur un wagon de marchandises garé sur une voie de garage près de Laufen au nord de Salzbourg.

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Lorsqu'il essaya de s'en approcher, il y eut un coup de feu.
Mais il réussit à chasser les tireurs.
A l'aide de quelques camarades, il mit la voiture sur la route et s'en alla.
Mais peu de temps après, la voiture s'arrêta à cause d'une panne de moteur.

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L'huile versée dans le moteur avait été trop légère et causa, pour cette raison, la surchauffe du moteur.
La bielle était cassée.
Le Caporal Azara fut cependant à la hauteur de cette situation.
Des journaux américains rapportent qu'il soutira à la 101e division aéroportée le moteur d'une voiture semblable fabriquée en 1944.

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En mai 1945, le journal de la 20e division blindée rapporta que la voiture dut être transportée à Berchtesgaden.
La 20e division blindée quitta l'Europe vers la fin de juillet 1945 et arriva au port de New York le 6 août.
Deux jours plus tard, la voiture fut débarquée du navire "George Shiras" au port de Castle Island, près de Boston.
Le journal "Boston Daily Globe" a ce même jour édité un article sous le titre "La Mercedes de
Göring est pare-balles".

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L'article répétait la légende de Göring, légende qui devait suivre la voiture en Amérique et au Canada les 35 années suivantes.
Ce n'est qu'en 1982 que cette légende fut démentie par les recherches de Ludwig Kosche dans le magazine "After the Battle".
Ce n'était pas Göring, mais Hitler lui-même qui avait utilisé cette voiture presque sans interruption jusqu'en 1943.
La Mercedes fut présentée partout en Amérique et entreposée ensuite de 1947 à 1956.

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A l'occasion d'une vente aux enchères elle fut achetée par un marchand d'autos de Toronto qui la vendit au collectionneur H.J. O'Connell.
Après avoir été restaurée, la voiture fut achetée par Claude Pratte qui la mit à la disposition du musée de guerre canadien.
Depuis 1971 la voiture y est exposée.
En 1982, elle revient en Europe pour y être exposée au musée de l'automobile de Lyon.

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Données techniques :
Poids : 4780 kg
Pneus : 40 cm
Pare-chocs : 13 cm
Cylindrée : 7,7 litres et suralimenté par deux compresseurs
Puissance : 250 à 400 ch (selon les années)
Vitesse : 200 km/h
Réservoir : 300 litres
Consommation : 60 litres au 100 km
Radiateur : 18 mm d'épaisseur
Vitres : 43 mm à l'épreuve des balles.
Marchepieds : 13 cm.

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